• vive Saint Thomas !


    Chaque foi qu'on leur parle miracle, ou qu'on évoque des questions du genre « s'il y avait eu une caméra dans le tombeau la nuit de la résurrection y aurait-il eu quelque chose sur la pellicule ? » les curés nous ramènent toujours le même refrain : La Foi – Elle n'aurait pas de valeur s'il y avait des preuves - « Ce n'est pas le problème, c'est le sens spirituel qui compte seul », etc. Primo, même s'il y avait des preuves la foi garderait sa valeur. Ce n'est pas la peine d'éluder les vraies questions pour ses beaux yeux. En effet, et c'est vrai la foi est dans le mouvement gratuit de l'être qui adhère, elle n'a rien à voir avec un simple savoir, elle engage l'être dans un choix incontrôlable où il engage la sa personne. Mais tout cela serait encore nécessaire qu'il y ait des preuves ou non. Même la simple croyance en la réalité des choses et la conscience vive de ce qu'elles représentent ne sont pas encore données. N'en avons-nous pas tous les jours des exemples sous les yeux ? Il y a des preuves scientifiques contre le racisme; et pourtant 60% des français le sont, y compris pas mal de gens instruits et des biologistes. En fait ceux qui font des recherchent dans ce sens sont des gens déjà intimement partisans de l'anti-racisme ! Et qui cherchent des justifications. D'où on voit bien que les deux problématiques sont indépendantes. Et les exemples semblables abondent. N'a t-on pas même constamment sous les yeux (et sous la peau) l'exemple de choses que tout le monde ou presque, de nos jours savent, alors que sauf quelques personnes à de rares moments, tout le monde vit comme s'il ne savait pas, sans s'en rendre compte : la mort et la vanité de toutes choses, parce qu'une foi et un amour sans raison et sans but de tout cela nous est chevillé au corps. Il suffirait même peut-être de citer l'Evangile quand dans l'histoire du mauvais riche Abraham dit « du moment qu'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, même si quelqu'un ressuscitait d'entre les morts, ils ne seraient pas convaincus. » De plus croire et vivre le commandement de Dieu sont deux choses, comme des siècles de chrétienté hégémonique l'a bien montré !)
    Inversement, Saint Paul a bien mis les points sur les i quand il a écrit « Si Jésus n'est pas ressuscité des morts, alors notre foi est vaine. » Et si Saint Thomas n'a cru que quand il a pu mettre ses doigts dan les traces des clous, ça ne l'a pas empêché d'être par la suite l'un des apôtres les plus zélés. Il n'est pas nécessaire pour « sauver » la foi de refuser le surnaturel, ni d'éluder les vrais problèmes.
    Non, en fait il ne faut pas le cacher, ces réponses de la part des « curés », ne sont que des dérobades, comme celles systématiquement pratiquées par les hommes politiques quand on leur pose des questions embarrassantes : l'art de détourner la conversation, d'éluder les questions, de noyer le poisson, d'esquiver les problèmes gênants ou franchement destructeurs.
    Et pourtant c'est bien joli la foi, mais si elle est vaine et totalement dérisoire ?
    Ne peut-on se permettre, car en tous cas ce n'est pas évident (à moins bien sûr de réduire le christianisme à un moralisme « horizontal » fait de fraternité, d'un foi en l'homme et d'un à aimer tout à fait compatible avec l'athéisme et le désespoir, habillé d'un vocabulaire issu d'anciens mythes et d'une organisation qui, comme le Parti Socialiste tien à survivre à la mort du contenu passé de son discours, et dont on a subrepticement changé la signification de chaque mot) ne peut-on se permettre de craindre, d'espérer, de chercher à savoir, de ne pouvoir sortir de l'angoisse sans faits tangibles. La vie et la mort, l'existence ou le néant, sont quand-même, vous ne croyez pas ?! Des enjeux assez importants pour qu'on ne se contente pas de vagues paroles et d'une nuée de sophismes.
    Ah oui, bien sûr, là on nous sort une autre tarte à la crème : craindre la mort serait égoïste, il ne faudrait penser qu'à la vie, il faut accepter sa « finitude » (et le christianisme dans tout ça ? Il est où ? L'influence de la psy moderne et du freudisme oui !), voire, encore plus « rideau de fumée » : Dieu est un dieu de vie et non de mort (quid ?)

    « contre l'humour "obligatoire" en société19 juin 1981 »

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